Charlette N’Guessan : 1ère femme primée par la Royal Academy of Engineering

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Charlette N’Guessan : 1ère femme primée par la Royal Academy of Engineering

Le 3 septembre 2020, Charlette N’Guessan est devenue la première femme à remporter le Africa Prize de la Royal Academy of Engineering pour l’entreprise BACE Group – lutte contre la fraude en ligne – qu’elle a co-fondée en 2018. Ce prix de la prestigieuse académie britannique, qui s’élève à £25 000 ($33 000), est décerné chaque année depuis 2014 à un(e) ingénieur(e) africain(e) afin de récompenser son innovation et le/la soutenir dans la commercialisation de son produit. Pour Charlette N’Guessan, jeune ivoirienne de seulement 26 ans, obtenir ce prix représente « la fierté de tout un continent ». Elle est honorée d’être la première femme à remporter ce prix, mais également fière que le travail de toute son équipe soit reconnu sur le plan international.

BACE Group est en effet avant tout une équipe composée de data scientists et de software engineers qui se sont rencontrés dans une école d’Accra au Ghana et ont décidé de développer une technologie qui répondrait aux problèmes en matière de cybersécurité que rencontrent les entrepreneurs, en particulier en Afrique. « La croissance des entreprises en ligne et l’adoption enthousiaste des nouvelles technologies sur le continent n’ont pas été accompagnées d’un engagement équivalent en faveur de la cybersécurité », confirme Charlette N’Guessan.

Ensemble, ils ont donc développé BACE API, un système de vérification d’identité numérique qui emploie la reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle. Ce système permet aux entreprises africaines, en particulier les entreprises financières, de vérifier l’identité de leurs clients à distance, « en temps réel et dans un environnement sécurisé » et ainsi de lutter contre la fraude.

BACE Group en est désormais à la phase de commercialisation de sa solution. Les entrepreneurs espèrent signer des partenariats et, de ce fait, obtenir plus de clients sur le marché. Résolument tournés vers les marchés africains, ils pensent également développer de nouvelles solutions innovantes pour répondre aux besoins de ces marchés. « Nous sommes ouverts à des collaborations et surtout de nouvelles opportunités », conclue Charlette N’Guessan.

La jeune ingénieure est en effet très curieuse et s’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies depuis ses études en électronique, réseau et génie logiciel. Elle a même tenu un blog sur lequel elle abordait les sujets qui la passionnent : technologie, leadership et entrepreneuriat. Mais cet écosystème de la tech est largement dominé par les hommes, et elle a dû faire face aux « réalités et aux défis » de ce milieu afin de s’y créer une place. Elle espère que sa réussite pourra être source d’inspiration pour les femmes qui souhaiteraient travailler dans le domaine de la technologie. Pour elle, « il est important de se focaliser sur les compétences et non le genre » et, pour cela, il serait nécessaire de « briser les barrières et stéréotypes, investir dans l’éducation et créer des opportunités ».

Nous avons eu l’occasion d’échanger avec Charlette N’Guessan, découvrez l’entretien ci-dessous :

Le LAB : « Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a amenée à fonder BACE Group ? »

Charlette N’Guessan : « J’ai un parcours purement scientifique. Après l’obtention de mon BAC C, j’ai opté pour des études en électronique, réseau et génie logiciel. J’ai ensuite fait des stages dans le domaine informatique à Abidjan. A l’époque, j’étais très curieuse et je m’intéressais beaucoup aux nouvelles technologies. J’animais un blog qui abordait les sujets qui me passionnent comme la technologie, le leadership et l’entrepreneuriat. Je travaillais également avec des organisations engagées dans la promotion de l’utilisation des technologies et du genre.

En 2017, je décide de démarrer ma carrière en tant que tech-entrepreneur. La même année, je suis sélectionnée en qualité de première femme francophone pour participer à un programme d’entrepreneuriat dans une école basée à Accra au Ghana. C’est là que je rencontre les futurs co-fondateurs de BACE Group, et ensemble, on a décidé d’étudier le marché local. Après avoir échangé avec les leaders de l’écosystème (Fintech, banques, services en ligne), on constate qu’il existe un grand problème au niveau de la cybersécurité.

En effet, la croissance des entreprises en ligne et l’adoption enthousiaste des nouvelles technologies sur le continent n’ont pas été accompagnées d’un engagement équivalent en faveur de la cybersécurité. Aujourd’hui Il est très important d’admettre que la cybersécurité est un énorme problème, en particulier en Afrique.

En tant que data scientists, software engineers, et utilisateurs de ces services, mes cofondateurs et moi avons décidé de créer BACE Group en septembre 2018, une startup disruptif basée a Accra avec pour vision d’aider les entreprises africaines en particulier les entreprises financières à lutter contre la fraude d’identité et a contribuer à l’inclusion financière.

Le LAB : « Comment expliquez-vous votre entreprise BACE Group à des personnes n’en ayant jamais entendu parler ? »

Charlette N’Guessan : « BACE Group est une startup qui cible le marché africain. Nous avons développé BACE API, un système de vérification d’identité numérique utilisant la reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle. Notre solution aide les entreprises à vérifier l’identité de leurs clients à distance, en temps réel et dans un environnement sécurisé. »

Le LAB : « Que représente pour vous, l’obtention du prix Africa Prize de la Royal Academy of Engineering ? »

Charlette N’Guessan : « Ce prix représente la fierté de tout un continent. C’est un honneur pour moi d’être la première femme africaine à remporter ce prix et une fierté pour mon équipe de voir notre travail reconnu au plan international. Ce prix nous offre également une grande visibilité pour nos activités et une grande responsabilité en tant que rôle modèle. »

Le LAB : « Après l’obtention de cette prestigieuse récompense, quels sont vos objectifs professionnels ? Et personnels ? »

Charlette N’Guessan : « Pour le moment nous sommes en phase de commercialisation de notre solution. On espère signer des partenariats et obtenir plus de clients sur le marché. On pense également développer d’autres solutions innovantes pour répondre aux marchés africains. Nous sommes ouverts à des collaborations et surtout de nouvelles opportunités. »

Le LAB : « Nous avons remarqué votre engagement pour l’égalité des genres dans le domaine de la tech. Pourquoi cela vous tient-il à cœur ? Avez-vous des projets particuliers pour porter ce combat ? »

Charlette N’Guessan : « J’ai évolué dans un écosystème dominé par les hommes. Je connais les réalités et les défis de cet écosystème. En tant que jeune femme qui a pu se créer une place dans ce milieu, je pense que mon expérience peut inspirer d’autres jeunes femmes ou jeunes filles à embrasser une carrière dans le domaine de la technologie. Je prends plaisir à collaborer et à soutenir les actions qui visent à promouvoir l’égalité des genres dans le domaine de la technologie. Il est important de se focaliser sur les compétences et non le genre. Briser les barrières et stéréotypes, investir dans l’éducation et créer des opportunités. »

Retrouvez Charlette N’Guesan :

Découvrez sa start-up BACE Group :