Découvrez Carine Kunsevi-Kilola, jeune talent du Prix L’Oréal – UNESCO Pour les Femmes et la Science en Afrique subsaharienne 2019

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Carine Kunsevi-Kilola

Pays : République démocratique du Congo (RDC)

Titre : Doctorante

Affiliation : Groupe de Recherche SUN Immunologie, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université Stellenbosch, Afrique du Sud

Sujet de recherche : La caractérisation des macrophages alvéolaires humains et des macrophages dérivés des monocytes sanguins, dans leur réponse à la bactérie de la tuberculose, en comparaison à leurs proches et en tenant compte de la (non) présence d’un diabète de type 2.

 LUTTER CONTRE LA CONTAMINATION PAR LA TUBERCULOSE CHEZ LES DIABÉTIQUES

Orientée au début de son parcours vers les études de médecine, Caroline Kunsevi-Kilola a finalement choisi la recherche scientifique. Après des études en biologie et chimie à Kinshasa, elle est partie parfaire ses connaissances en Afrique du Sud avant de s’orienter vers les sciences biomédicales. Technicienne de laboratoire, elle accepte plusieurs « petits boulots » pendant cinq ans pour continuer dans la recherche.

« Jamais, ni au moment de mon mariage, en 2016, ni même lorsque je suis devenue maman d’un petit garçon en 2018, je n’ai cessé de mener mes expériences et ce jusqu’à mon… neuvième mois de grossesse ! Heureusement que je peux compter sur mon époux qui me soutient.»

Son parcours aboutit sur une thèse portant sur les mortalités engendrées par le diabète, un travail qu’elle présentera fin 2020 pour finaliser son cursus. Elle fait partie d’un projet financé par le National Institutes of Heath (NIH) aux États Unis. Sa thèse inclut un passage sur les contaminations par la tuberculose, dont a souffert une de ses sœurs. Ces travaux étudient plus précisément la façon dont la tuberculose se transmet via des organes affaiblis par le diabète. « Prélever le sang pour faire une recherche sur la tuberculose est plus facile que de faire un lavage broncho-alvéolaire, mais nous savons que la bactérie de la tuberculose, quand elle est inhalée, se loge d’abord dans les poumons, où elle rencontre les macrophages alvéolaires, qui sont là pour nous immuniser. »

Elle reçoit en 2008 une bourse du National Research Fund d’Afrique du Sud (NRF), qui lui a permis de se consacrer entièrement à son doctorat. Désireuse de poursuivre des études en Afrique du Sud, Carine Kunsevi-Kilola rêve néanmoins de retourner en RDC pour y créer un laboratoire de recherches et y apporter des technologies de pointe, telles qu’elle a pu en voir dans les pays qu’elle a traversés. « Le message que je souhaite porter au travers du Prix Jeunes Talents Afrique sub-saharienne est qu’il n’y a aucune carrière aujourd’hui en Afrique que les femmes ne peuvent pas embrasser, que ce soit la médecine, le droit ou les sciences.»

Carine Kunsevi-Kilola a obtenu en 2015 une bourse pour participer au 6ème Symposium africain des maladies, ainsi qu’une bourse d’Harry Crosley pour financer des équipements et produits de laboratoire. En 2016, la fondation Bill et Melinda Gates lui octroie une bourse de voyage pour la conférence  Tuberculosis Co-Morbidities and Immunopathogenesis (B6), de Denver (Colorado), qui réunit tous les experts mondiaux en biologie moléculaire et cellulaire.