Les recherches de Nowsheen Goonoo pour sauver des amputations

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Les recherches de Nowsheen Goonoo pour sauver des amputations

(Ile Maurice)

Fille d’une infirmière mauricienne, le Dr Nowsheen Goonoo voulait d’abord devenir médecin, avant de choisir la chimie pour ses études de premier cycle et de deuxième cycle. « Je voulais que mes recherches soient appliquées pour améliorer la santé et aider la communauté ». C’est avec beaucoup de succès, qu’elle poursuit ses recherches depuis ; en effet, une partie de ses recherches de premier cycle a conduit au premier brevet de l’Université de Maurice en 2013.

Au cours de son doctorat, elle a développé une nouvelle classe de matériaux biodégradables et biocompatibles qui pourraient être utilisés dans le domaine biomédical. En particulier, en appliquant les principes fondamentaux de la chimie des polymères, elle pourrait contrôler le taux de dégradation, la flexibilité, la fragilité ainsi que les réponses inflammatoires de ces nouveaux matériaux. Une entreprise suisse a ensuite transformé les matériaux développés par Nowsheen Goonoo en prototypes d’anneaux d’annuloplastie. La docteure a donc également pu étudier la performance des anneaux fabriqués au moyen d’une série d’essais.  

La Dr Nowsheen Goonoo travaille actuellement sur les ulcères diabétiques du pied (UDP), un problème majeur à Maurice où environ 450 amputations sont pratiquées tous les ans. « Les UDP et autres complications liées au diabète alourdissent considérablement le fardeau économique de Maurice. Le poids économique élevé des UDP est principalement dû à la prise en charge des ulcères, à la lenteur de la cicatrisation qui entraîne des admissions prolongées et des interventions chirurgicales. Il est donc urgent de réduire le temps de cicatrisation des UDP, réduisant ainsi le nombre d’admissions à l’hôpital et les taux d’amputation. » En tentant d’utiliser des polymères naturels extraits de ressources terrestres et marines disponibles localement, elle espère améliorer la guérison des plaies diabétiques. 

L’avantage de la « reconnaissance du niveau élevé de la recherche menée à Maurice par les organisations internationales est qu’elle est en train de changer les perceptions locales ». Le manque de modèles dans le domaine des sciences a « affecté les croyances » des femmes mauriciennes en leur faisant croire qu’elles ne sont bonnes que pour les activités artisanales, « alors qu’elles peuvent faire des travaux de haute technologie. Grâce aux progrès de la recherche, le Centre de recherche biomédicale et sur les biomatériaux, dans lequel je travaille actuellement, offre de nombreuses possibilités, telles que la culture à grande échelle des algues marines, la régénération de la peau, des os ou des tendons. » Ainsi, la Docteure Nowsheen Goonoo encourage activement les femmes en participant à des expo-sciences, à des activités de sensibilisation communautaire et en donnant des conférences dans les écoles secondaires.

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