EcoAct Tanzania, le plastique recyclé devient matériau de construction

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Christian Hafidh Mwijage, 31 ans, directeur général d’EcoAct Tanzania, est le gagnant du Grand Prix ARA 2016.

Recycler les déchets plastiques pour les transformer en bois d’œuvre synthétique pour protéger l’environnement en réduisant la déforestation dans sa région et faire vivre des communautés de villageois : c’est le pari et la réussite de l’entreprise EcoAct Tanzania portée par Christian Hafidh Mwijage

Enfant, il grandit dans la banlieue de Dar es salaam. Amoncellements de déchets plastiques, eaux usées : le quotidien des habitants est marqué par l’insalubrité et des conditions de vie précaires. En se déversant dans les égouts, les morceaux de plastiques empêchent l’évacuation des eaux, qui, stagnant, favorisent la prolifération des moustiques. Et donc accroît les risques de propagation du paludisme.

Christian remarque que certaines personnes, dans les bidonvilles, ramassent le plastique pour le vendre. Cependant certains déchets avec peu de valeur sont laissés à l’abandon. « Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire », dit-il. Parallèlement à son cursus étudiant en administration commerciale et marketing, il commence à faire des recherches. « J’ai consulté mes professeurs sur ce que l’on peut faire avec ce type de plastique. Après plusieurs essais j’ai enfin trouvé la solution avec mon premier prototype de plastique recyclé. »
Son objectif sur trois ans est débarrasser l’environnement de 100 000 tonnes de composants en plastique pour les transformer. Son projet permettra ainsi de protéger 250 hectares de forêt et prévenir l’émission de 2 500 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un projet ambitieux et inspirant qui au départ surprend sa famille. « Le recyclage est encore un concept très nouveau en Tanzanie. Mes parents me disaient : Je lutte pour t’envoyer à l’école et toi tu veux travailler sur les déchets ! Tu es fou ? Vas travailler dans une banque plutôt ».
Il achète sa première machine grâce à l’héritage qu’il a perçu après le décès de son père. Son entreprise produit entre 70 et 80 pièces de bois synthétique par jour et la demande s’amplifie : entre 300 et 350 par jour. « Le plus gros défi en Afrique c’est de trouver du financement. Je veux acquérir de nouvelles machines, développer la technologie, créer des emplois pour la jeunesse tanzanienne, et ainsi renforcer l’impact du recyclage et de l’éco-construction dans ma communauté », explique-t-il.

« Le LAB et le concours African Rethink Awards ont été un moyen de montrer et d’expliquer ce que je fais, de trouver des contacts et des investissements. C’est difficile de trouver les fonds malgré le nombre de personnes créatives sur le marché»»

« En Tanzanie je veux être la raison pour laquelle on ne coupe plus d’arbres. Je veux que grâce à moi on puisse commencer à recycler », dit-il. Son rêve : laisser une trace pour les générations futures. Christian souhaite créer une maison entière en bois synthétique, une alternative peu coûteuse et décisive pour le recyclage en Tanzanie et sur le reste du continent.

« Je vois le monde pleurer face au changement climatique mais tout le monde devrait jouer un rôle dans les réponses à y apporter ; peu importe l’importance de son impact. On ne devrait pas pleurer face au changement climatique on devrait agir», conclut-il.

Christian Hafidh Mwijage, 31, managing director EcoAct Tanzania, won the Grand Prix ARA 2016. Born in Tanzania, Christian recycles plastic waste and turns them into environmentally friendly plastic lumber. With that action, he protects the environment by reducing deforestation in his region but also helps his community.

Camille AYRAL