Entretien avec Tidiane Coulibaly, fondateur de Cour Comme Une -Côte d’Ivoire

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Alors que les grands constructeurs africains perdent des sommes considérables en important leur main d’œuvre, Tidiane Coulibaly propose une solution : Cour Comme Une. La jeune start-up ivoirienne met en avant les compétences de la main d’œuvre locale, sous-estimée mais qui constitue une force de travail sans précédent. Tidiane Coulibaly défendra son projet lors des African Rethink Awards 2019. Nous l’avons rencontré et ce dernier nous en dit plus sur son projet.

Le LAB : « Pouvez-vous revenir sur votre parcours et sur vos responsabilités à l’heure actuelle ? »

Tidiane Coulibaly : « Je suis CEO de Cour Comme Une, une start-up qui œuvre pour la gestion intelligente des chantiers. Nous nous appuyons principalement sur une main d’œuvre expérimentée issue du secteur informel et professionnel. Une offre calibrée pour les entreprises de construction et du BTP qui pour la plupart sous-traitent la main d’œuvre après l’obtention d’un marché et accumulent de grosses pertes de temps dues à un manque d’interactivité et de suivi concret des chantiers. En tant que fondateur de cette jeune entreprise, ma responsabilité première aujourd’hui est de finaliser le développement et le déploiement de cette nouvelle technologie sur l’étendue du territoire ivoirien et potentiellement à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. »

 

Le LAB : « Pouvez-vous nous en dire plus sur votre engagement ? »

Tidiane Coulibaly : « Les causes pour lesquelles je m’engage n’ont pas forcément de lien entre elles. Dans un premier temps, j’accorde une grande importance à la mutation des sociétés et à l’éclosion réelle des entreprises et des institutions africaines. Passionnée de géopolitique, je m’intéresse beaucoup aux mutations que la technologie engendrera d’un point de vue politique, structurel et organisationnel. Enfin, d’un point de vue personnel, je souhaite sensibiliser les populations au sujet des répercussions de la séparation d’un couple sur les enfants. Il est primordial que ce phénomène ne s’encre pas dans les habitudes des prochaines générations. »

 

Le LAB : « Pouvez-vous nous en dire plus sur les raisons qui vous ont poussé à lancer votre start-up ? »

Tidiane Coulibaly : « D’un père ingénieur des Ponts et Chaussés, offrir une solution aux professionnels du bâtiments et des travaux publics m’est apparu naturellement. Titulaire d’un Master en Digital & Politics, j’ai conscience des possibilités qu’offre le numérique pour répondre aux problèmes que rencontrent les grands constructeurs africains. Ces derniers perdent chaque année des centaines de millions de FCFA en important la main d’œuvre de l’extérieur. Ma mission est de mettre en valeur la main d’œuvre locale, autodidacte et issue du secteur informel, qui constitue le noyau de la main d’œuvre des chantiers ouest-africains. »

 

Le LAB : « Pourquoi considérez-vous qu’il soit primordial d’encourager et de soutenir les jeunes entrepreneurs africains ? »

Tidiane Coulibaly : « Le retard que l’Afrique a accumulé en termes de développement crée un large champ d’opportunités qu’il faut saisir en interne. Il ne faut pas tout confier aux occidentaux. Les jeunes entrepreneurs africains doivent accéder aux financements et au coaching pour éclore. Ils regorgent de projets qui répondent à des problématiques clés de notre continent et qui n’attendent qu’à être mis en lumière. »

 

Le LAB : « Pourquoi participer aux African Rethink Awards vous tient-il à cœur ? »

Tidiane Coulibaly : « L’intitulé du concours, African Rethink Awards, est très parlant. Il contient ce pourquoi de nombreux africains se battent aujourd’hui. Il m’est paru tout à fait naturel de vouloir prendre part à une telle initiative et de rencontrer d’autres jeunes entrepreneurs qui aspirent à l’émergence d’une Afrique nouvelle. Je le recommanderai vivement après cette édition que j’espère fructueuse. »

Les équipes de Cour Comme Une sur le terrain