Ines Ngoh, entre sciences biomédicales et maternité

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Ines Ngoh, entre sciences biomédicales et maternité

(Cameroun)

Ines NGOH - Cameroun

Née à Limbe, dans la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun, Ines Ngoh a d’abord voulu explorer une carrière dans la pratique médicale, mais s’est finalement orientée vers l’enseignement et la recherche. « Je suis une personne curieuse, fascinée par la découverte et toujours désireuse de pouvoir expliquer comment et pourquoi les choses se passent comme elles se passent. Quand je suis arrivé au lycée et que j’ai été préfète de la santé de mon collège, j’ai pris la décision consciente d’étudier et de poursuivre une carrière en sciences. »

Après des études de premier cycle en biochimie, elle s’est lancée dans un voyage qui n’est pas encore terminé. « J’ai dû travailler beaucoup plus dur pendant cette période, car j’attendais mon premier enfant. J’étais dans un pays étranger loin du soutien d’un membre de ma famille et j’ai souvent fait l’objet de discrimination lors de discussions de groupe, de présentations dans des journaux et même de séances de laboratoire parce que j’étais enceinte. »

Grâce à un généreux fonds de soutien à l’enfance provenant du fonds de secours de l’Université, elle a pu terminer sa maîtrise en sciences biomédicales à l’Université de Nottingham, au Royaume-Uni, dans les délais impartis. Pour cette mère de trois enfants, trouver un équilibre entre son travail et sa vie personnelle a été intimidant. « Les voyages qui m’éloignent de la maison, les longues heures de travail même quand je suis à la maison. La pression des préjugés sociétaux sur mes capacités maternelles. J’ai dû me donner quatre ans de congé (2012 à 2016) pour me permettre d’allaiter mes bébés avant de penser à passer mon doctorat. »

En 2017, elle a commencé sa recherche doctorale avec le thème Contrôle et élimination de la maladie / Groupe de biologie de la population du paludisme / Unité MRC, Gambie au LSHTM en se concentrant sur l’utilisation de la transcriptomique pour comprendre les variantes génétiques qui déterminent le degré de disparité des voies d’invasion érythrocytaire utilisées par les populations naturelles des parasites du paludisme. À cette fin, il faut caractériser les antigènes d’invasion présumés et les phénotypes de population à grande échelle afin d’orienter la priorisation des cibles d’antigènes pour la mise au point d’interventions (surtout des vaccins) qui bloquent l’invasion érythrocytaire par les parasites Plasmodium falciparum.

Obtenir un financement adéquat pour son projet postdoctoral, l’infrastructure et les installations qui lui permettront de poursuivre sa « recherche collaborative » chez elle, où elle pourra être plus proche de sa famille, est donc pour elle le deuxième plus grand défi. « J’ai toujours été loin de ma famille depuis 2017. C’est pourquoi je souhaite passer les prochaines années avec mes enfants et mon mari, même si cela va être difficile. »