Jacigreen, dépolluer le Niger en produisant engrais et éléctricté

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La Nigérienne Mariama Mamane, fondatrice de Jacigreen est la gagnante du Prix coup de cœur du jury ARA 2016.

À partir de jacinthe d’eau, plante nuisible à la biodiversité aquatique qui prolifère à la surface du fleuve Niger, la société Jacigreen produit un engrais naturel. Le processus se fait par compostage, qui produit un biogaz récupéré en énergie électrique.

Mariama a pensé ce projet de fabrication d’engrais naturel pendant ses études en ingénierie de l’eau et de l’assainissement au l’Institut 2iE au Burkina Faso. « En constatant une mauvaise gestion de l’eau et le coût élevé de sa consommation, je me suis dit que je devais agir ; je me suis alors lancée dans la recherche et j’ai intégré tout cela pour faire ce projet », dit-elle.
Jacigreen, initiative eco-innovante, entend ainsi contribuer à l’assainissement de l’environnement et à la promotion d’une agriculture durable tout en comblant le déficit énergétique avec une énergie propre.
« C’est une initiative à fort potentiel et qui participe à la transition vers un modèle économique d’entreprise viable et durable en Afrique, explique Olivier Mousson, président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie National, qui a remis à Mariama le prix de l’Encouragement des ARA.

« Ce fut un vrai parcours du combattant, mais J’ai été soutenue par ma mère, par ma famille », explique Mariama. « Et j’ai rencontré dans ce processus des gens vraiment impliqués notamment des femmes qui s’activent. Je souhaite pouvoir les intégrer dans mon projet et les aider.»
Reste à transformer le projet concrètement. Mairiama devrait voir Jacigreen produire ses premier sac d’engrais organique et participer électrifier une zone rurale en énergie « propre et sans limite ». « Notre prochaine étape est d’élaborer le prototype pour en vue d’une mise en production. 2017 sera une étape cruciale , »dit-elle.

Avec comme partenaires la mairie de Ouagadougou, l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement du Burkina Faso mais aussi ses enseignants experts dans le domaine, Mariama voit son projet aller de l’avant. « Ensemble on va y arriver ! » convainc-t-elle.

En participant au LAB, Mariama pu présenter son projet à différents acteurs économiques. « Je veux prouver à tout le monde qu’il faut croire au développement de l’Afrique à partir de ressources naturelles », dit-elle. « Je suis heureuse que le LAB organise ce genre d’évènements où j’ai pu faire des rencontres vraiment enrichissantes ».

Camille AYRAL