Xaalys, la néobanque des 12-17 ans

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Diana Brondel, conceptrice de la première néobanque française pour les 12-17 ans

(France)

Commercialisée en avril 2019, Xaalys est la première néobanque française pour les 12-17 ans. Elle a été conçue par la franco-sénégalaise Diana Brondel, pour accompagner les adolescents sur le chemin de l’autonomie financière.

Xaalys veut dire argent en wolof, langue parlée au Sénégal. L’objectif de Xaalys n’est pas d’aider les enfants à s’enrichir mais de leur donner des clés pour maîtriser leur argent. L’argent dans la culture wolof a un sens. Celui qui le détient porte une responsabilité.

Une banque digitale qui se soucie de l’éducation financière de ses clients

Il est acquis que le ludisme favorise l’apprentissage, notamment chez les enfants. C’est pourquoi l’application Xaalys propose du contenu d’éducation financière gamifié.

Avant de débloquer les fonctionnalités transactionnelles et souscrire à un abonnement, l’adolescent a accès à la version gratuite de Xaalys.  Cette dernière est exclusivement centrée sur l’éducation financière, dispensée de manière ludique grâce à des jeux, des quiz ou des fonctionnalités comme les listes de souhaits. Le contenu d’éducation financière est mis à la disposition des équipes de Xaalys par l’association d’intérêt général La Finance pour tous.

La version payante donne accès à la carte de paiement Mastercard, aux fonctionnalités transactionnelles, ainsi qu’aux fonctionnalités éducatives « pratiques », cagnottes et épargne automatisée.

Xaalys est la première offre pour adolescents qui fournit en même temps une carte MasterCard de paiement et de retrait floquée au nom de l’enfant, un IBAN, une double interface mobile parent/enfant, des listes de souhaits et cagnottes, un tchat parent/enfant, et du contenu ludique d’éducation financière.

Xaalys ne fait pas que gérer des flux d’argent. Cette néobanque a l’ambition d’aider ses jeunes clients à mieux maîtriser les flux financiers. Pour sa fondatrice, prendre le contrôle sur son argent de poche et les sommes allouées, aussi petites soient-elles, sont les clés pour former des adultes plus responsables.

Une application, deux interfaces

C’est un des points forts de Xaalys :  intégrer dans la même application deux univers dédiés, pour l’enfant et les parents.

Côté adolescent, l’application Xaalys est le parfait compagnon pour gérer les rentrées d’argent et les dépenses du quotidien. Les adolescents pourront également lister leurs souhaits, créer des cagnottes, les partager avec leurs amis et leurs parents et enfin, mettre en place des stratégies d’épargne.

Dans le même temps, des fonctionnalités de contrôle donnent aux parents la possibilité de piloter les dépenses de leurs enfants en temps réel. Chaque parent définit comment il souhaite accompagner ses enfants. Grâce au paramétrage personnalisé, il y a autant de versions de Xaalys que de binôme parent/enfant.

L’interface parent constitue une tour de contrôle pour piloter les dépenses de ses enfants : plafonds de retraits et de paiements, suivi des notifications, autorisation de virements et d’achats spécifiques. Accompagner les enfants sur le chemin de l’autonomie, c’est aussi utiliser leurs moyens de communication, fluides et instantanés. Pour cela, un dispositif de Tchat, pour le dialogue enfant/parent, est disponible à l’intérieur de l’application.

Xaalys, une start-up tech for good

Alors qu’on pointe souvent la dépendance des plus jeunes générations au téléphone, l’ambition de Xaalys est de transformer le smartphone en plateforme d’autonomisation et d’indépendance.

Les adolescents, autonomes de plus en plus tôt, ont accès à tout et n’importe quoi. Il est important de leur apprendre et de leur transmettre la valeur des choses. La technologie peut aider à atteindre cet objectif.

L’équipe de Xaalys ne conçoit pas la Fintech simplement comme un exercice de virtuosité technologique, dont la finalité serait de fluidifier encore plus le consumérisme. Les contenus d’éducation financière ont vocation à aider les adolescents à devenir de meilleurs adultes.

L’ambition de Xaalys est d’œuvrer pour que les enfants aient de meilleurs rapports à l’argent et les accompagner dans la réalisation de leurs envies. Cette ambition a été, à plusieurs reprises, saluée sur la scène numérique française et internationale.

En mars 2017, la jeune pousse est finaliste du concours de start-ups du Massachussetts Institute of Technology Global Start-up Workshop. En 2018, Xaalys intègre le classement Challenge des meilleures start-ups dans lesquelles investir.

Diana Brondel, CEO et fondatrice  de Xaalys remporte en avril 2019 la 4e édition du concours de pitchs de Fintech R:Evolution, organisé par France Fintech. Un mois plus tard, Orange sélectionne Xaalys pour participer à l’édition 2019 du salon Viva Technologie en tant qu’acteur qui révolutionne la banque digitale à destination des enfants.

Finalement, le 1er juin 2019, Xaalys est sélectionnée pour la finale du concours de créateurs d’entreprises de la chaîne BFM Business, la BFM Académie. La cérémonie aura lieu le 24 juin 2019 et les téléspectateurs pourront voter pour élire le / la grand(e) gagnant(e).

Diana Brondel CEO de Xaalys, un profil rare dans la fintech

Entrepreneure franco-sénégalaise, Diana Brondel est diplômée de l’ESCP Europe. Elle a étudié en Allemagne, en France et aux Etats-Unis. En tant qu’Inspectrice bancaire chez la Société Générale pendant 10 ans, Diana Brondel a accompagné la Direction Générale du groupe pour des missions de conseil et de vérification.

Elle prend ensuite les fonctions de Directrice de cabinet de deux membres du Comité Exécutif. A ce poste, elle surveille l’activité de banque de détail et services financiers spécialisés à l’International (i.e. un périmètre de 200 filiales, employant 63 000 personnes et opérant dans 63 pays).

Mère de deux enfants, elle conçoit l’outil Xaalys qu’elle aimerait avoir à sa disposition pour éduquer financièrement ses propres enfants au maniement et à la valeur de l’argent. Pour elle, « le meilleur moyen d’être en capacité de prendre des décisions pour soi-même, c’est d’être autonome ». Elle fonde Xaalys « pour apporter aux parents un outil supplémentaire pour accompagner leurs enfants vers leur vie d’adulte. »

En 2018, elle intègre le classement Forbes Magazine des « 92 femmes disruptant la tech en France ».

Xaalys, un aboutissement de la co-production technologique entre l’Afrique et la France

Diana Brondel s’est tournée vers l’Afrique et Dakar pour trouver les ingénieurs qui allaient donner corps à ses idées. Elle fait de Xaalys le fruit de la collaboration de 10 personnes basées entre Paris et Dakar.

Elle nous en dit plus sur cette collaboration franco-sénégalaise :

« C’est une rencontre parfaite entre deux équipes qui se créaient et avaient des besoins complémentaires. J’avais besoin de compétences techniques et la structure Team-X, start-up studio cofondé par Pape Birame Sène, des projets métiers technologiques à accompagner.

Mes Business Angels n’ont pas tout de suite compris mon choix mais ils m’ont fait confiance. Aujourd’hui, nous avons démontré que cela pouvait marcher. Nous écrivons une histoire fantastique.

Nous quittons le champ de la théorie des relations Nord-Sud pour lui donner vie concrètement.

Nous travaillons tous les jours ensemble main dans la main. C’est génial car nous avons démarré sur une relation de prestation de services et travaillons aujourd’hui en confiance et toute transparence, en tant qu’associés.

Notre plus grande fierté collective : le dépôt à venir d’un brevet concernant la technologie du contrôle parental. Nos deux noms sont associés au brevet. J’ai eu l’idée et il l’a transformée en réalité.

Il a fallu une grande confiance entre nous dès le début, car le risque opérationnel d’exécution était assez élevé…Mais nous avons su relever le défi ! »

Nous avons rencontré la fondatrice et CEO de Xaalys, Diana Brondel.

A cette occasion, elle est revenue sur les étapes clés de la création de la néobanque.

Le LAB : « Pourquoi concevoir une banque pour adolescents ? »

Diana Brondel : « Pour responsabiliser ! C’est fondamental. Pas seulement sur les questions d’argent. Le meilleur moyen d’être en capacité de prendre des décisions pour soi-même, c’est d’être autonome.

Rentrer par le biais de l’éducation financière, c’est aussi un moyen de doter les parents d’un outil additionnel pour accompagner leurs enfants vers leur vie d’adulte.

Je viens de l’univers bancaire. Penser à développer une néo-banque pour ados, c’est une forme de continuité.  

On décortique une banque du sol au plafond. On comprend les mécanismes de création de valeur, la réglementation, les équilibres.

J’ai beaucoup appris des deux postes que j’ai occupés à la Société Générale. En particulier sur le champ des possibles qu’ouvre la rapide évolution de la technologie.

Cette dernière a  permis l’émergence de solutions technologiques qui simplifient les usages et permettent à des porteurs d’idées comme moi de travailler « plus facilement » sur de nouveaux usages. »

Le LAB : « Quelles ont été les premières étapes du financement de votre projet ? »

Diana Brondel : « La première année du développement a été financée sur mon épargne personnelle.

J’ai créé la structure en avril 2017, définitivement convaincue de la pertinence de mon projet.

L’objectif de la première année, c’était la structuration du projet. Je suis rentrée au Swave, l’incubateur de Paris &Co spécialisé Fintech en janvier 2018.

J’avais besoin de travailler avec des gens qui comprennent ce que je faisais. Je suis très heureuse de notre incubation. Tous les événements d’accompagnement (technique, design, réglementaire, CNIL,…) que le Swave nous propose, sont toujours avec des interlocuteurs, fins connaisseurs de notre secteur.

J’ai clôturé ma première augmentation de capital de 450 000 euros en avril 2018 avec des Business Angels et mon partenaire technologique basé à Dakar.

Xaalys qui veut dire argent en « wolof » allait de surcroît devenir un moyen de faire rayonner la scène technologique africaine en faisant travailler des équipes locales sur des innovations d’usage pour les marchés occidentaux.

Nous avons commencé à développer les applications dès mai 2018 à Dakar puis j’ai commencé à recruter l’équipe de choc qui m’accompagne à Paris.

Xaalys a obtenu l’agrément de la Banque de France en janvier 2019. Grâce à cette accréditation, nous avons le droit de commercialiser notre offre auprès du grand Public.

Cet agrément, au-delà de constituer une étape nécessaire de la mise sur le marché du produit, valide le sérieux et la pertinence de l’approche que nous avons retenue. »

Le LAB : « Quels sont vos concurrents aujourd’hui ? »

Diana Brondel : « Nous n’avons pas vraiment de concurrents sur notre marché, dans le sens où il n’y a pas d’acteur qui propose aujourd’hui une offre alliant contenu éducatif, application mobile construite dans un double environnement – parent/enfant – et une carte de paiement/retrait.

Boursorama Banque propose Kador, une offre bancaire 100% mobile destinée au 12-17 ans mais uniquement réservée aux clients de Boursorama Banque. Morning, la banque toulousaine a lancé en 2018 une offre Morning Jump, mais là aussi le préalable était la bancarisation des parents. »