Yenni, la santé des Africains par sa diaspora

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Boubacar Sagna, directeur général de Yenni a gagné le Prix ARA 2016 de la diaspora.

Yenni est un dispositif de paiement de soins de santé en ligne. Créé il y a deux ans, il permet aux membres de la diaspora africaine de faire bénéficier leurs proches de consultations et de médicaments au Sénégal.

« La santé et l’éducation sont une priorité pour l’Afrique. C’est un continent plein d’avenir avec beaucoup d’opportunités à saisir mais il y a encore beaucoup de freins », expliquent les initiateurs de Yenni, Boubacar Sagna, Marjorie Guibert (Chargée de communication) et Lassina Gbakalé (Président). En effet, 90% de la population du continent ne dispose pas de couverture maladie et la majorité des dépenses de santé sont payés par les membres de la diaspora.

« Cette dernière est confrontée à 3 obstacles majeurs : les coûts et délais liés au système de transfert d’argent classique, et l’imprévisibilité des dépenses de santé. »

Fruit d’une prise de conscience face à du vécu personnel, Yenni a pour objectif de permettre à toute l’Afrique d’avoir accès à la santé à travers un dispositif de paiement des soins en ligne. Le projet a été créé depuis Toulouse par Lassina et Boubacar parallèlement à leurs études et vies professionnelles. Lassina est titulaire de plusieurs formations dans l’entreprenariat et travaille à présent à la clinique Pasteur pour développer son expertise dans le secteur médical. Boubacar quant à lui détient un Master en relations internationales ; il a été chargé de projet au service des Relations Internationales de Toulouse, particulièrement pour la coopération avec le Sénégal. Ils se disent « complémentaires » pour pouvoir atteindre leurs objectifs et le succès.

«Si on arrive à faire en sorte que les Africains ne se posent plus la question de la santé, on aura réussi à faire notre job. Si en plus on créée des emplois durables et des bons salaires, je serais le plus heureux», dit Boubacar.

Pour donner à Yenni toutes ses chances de réussite, Boubacar et son équipe ont relevé de nombreux défis sans ménager leurs efforts. « Nous avons beaucoup bataillé, beaucoup travaillé pour monter notre entreprise et la faire connaître ». Il a notamment fallu régler la question du financement, problème récurrent pour les jeunes entrepreneurs. « Ouvrir un compte bancaire a été compliqué car les banques ne croyaient pas en ce projet. Mais nous n’avons rien lâché et au final la Caisse d’Epargne nous a ouvert ses portes», explique Lassina.

Pour Boubacar et son équipe, la participation au LAB et le concours African Rethink Awards ont été l’occasion de communiquer avec la diaspora, afin de lever des fonds pour développer la plateforme. La remise du Prix ARA de la Diaspora a été un grand moment d’émotion pour l’équipe. « Ce trophée nous fait oublier tous les chagrins, toutes les insomnies ». « Ce n’est pas toujours facile pour les Africains de se retrouver, de voir ce qui se passe dans leur pays d’origine ou dans d’autres pays. Le LAB est un rendez vous extraordinaire car beaucoup de pays y sont représentés et il y a de la réflexion, des échanges, du partage et des encouragements », conclut Marjorie.

L’adage de Yenni: « La réussite est au bout du bout de l’effort ». Au travers de son projet, Boubacar souhaite inspirer les jeunes à poursuivre leurs rêves, à travailler dur malgré les difficultés. Il souhaite aussi faire le lien entre la diaspora et le continent, leur faire prendre conscience de leur impact dans la société africaine. « Le jour où la diaspora prendra conscience de son pouvoir monétaire, l’Afrique se développera ».

Camille AYRAL